Eric Mc dans l’émission culturelle sur Radio Métropolys Lome

Avaeric mcnt C’ : Eric Mc, artiste togolais de la chanson Hip Hop a accordé une interview exclusive sur Métropolys Lomé 97.1Fm dans l’émission culturelle animée tous les mardis sur la radio par Junior K. AMOUDJI

Journaliste : Eric Mc bonjour,

Eric Mc : bonjour Junior

J : comment tu te portes?

E : heuu, coussi coussa, pas à merveille quand même

J : c’est-à-dire ?

E : c’est-à-dire la musique ça va pas, les scènes il y en a pas et on ne cherche pas quelle voix, par quel dieu par quel saint prier pour que tout marche, pour que ça aille sur des roulettes.

J : ce n’est pour dire que la musique togolaise ne va pas bien ?

E : moi aujourd’hui je défie quiconque, quel artiste me dira que la musique va très bien au Togo, c’est des leurs, ça va pas du tout dans tous les secteurs.

J : et la faute à qui ?

E : moi je pense que la faute c’est à l’état, parce que nous les chanteurs, nous les artistes on a fait un effort pour arriver un certain niveau mais il y a pas des structures qui nous suivent, tu comprends. Donc aujourd’hui on ne fait que du vivotement, on ne fait que virevolter autour de la musique. Si non, si un artiste me dit aujourd’hui qu’il vit de la musique, moi je ne pense pas.

J : alors que dire aujourd’hui de vos associations, je veux parler de l’union nationale des artistes musiciens « unam » et du syndicat des artistes « sariac » ?

E : oui, je pense que là-bas, ce sont des institutions, des structures qui existent comme dans la république aujourd’hui il y a les ministères tout ça là mais qui font rien, parce que il faut faire croire, il faut faire signer qu’il y quand même a la culture au Togo, si non ces deux structures là, sariac et unam ne sont que en train de faire une guerre intestinale de leadership tu comprends. On dit que, il y a certains artistes qui disent que c’est unam il y a d’autres qui disent c’est sariac, mais au fond personne ne comprend. L’unam c’est l’union nationale des artistes musiciens, c’est une union, mais le sariac c’est un syndicat, normalement, les deux doivent aller de pair, parce que le sariac c’est comme l’avocat, c’est lui qui défend les droits de l’artiste mais aujourd’hui je vois mal que l’union et le sariac ne s’entendent pas pour un problème de leadership tu vois. Si déjà ces institutions sont gangrénées, ne s’entendent pas, quand dirons-t-on de la culture elle-même ? cela veut dire que ça va pas du tout. Donc, si tu peux comprendre, cela veut dire que la musique au Togo, cela ne va pas.

J : Eric Mc, ça fait presque neuf ans vous avez disparu de la scène musicale, vous n’êtes pas présent sur les scènes ni au Togo, ni hors du Togo, à quoi cela est dû ?

E : rire…disparu c’est trop dire. On m’a contraint à disparaitre parce que en 2003 lorsque j’ai refusé de participer au premier  Togo hip hop  awards, c’est là où l’embargo est tombé sur mes œuvres, la censure est tombée par un groupuscule qui travaille avec le parti au pouvoir, les instances aujourd’hui qui tiennent le pouvoir, donc c’est ceux-là qui ont décidé que Eric Mc doit être bannit de la scène culturelle, donc ça fait neuf ans, je suis censuré. On m’invite plus, on me traite de rebelle, on me taxe de tous les noms possibles ; beh quand même cela n’empêche pas, parce que nous on travaille parce que c’est le peuple qui nous a fait et on a besoin de réclamer le bien être pour le peuple. Alors nous on va continuer dans ce sens. C’est vrai à l’extérieur, je n’ai pas trop cherché à travailler à l’extérieur parce qu’en 2004, 5, 6, lorsque toutes les invitations venaient au nom d’Eric Mc au Togo, ils ont tout détourné ces invitations. Tu sais, ils ont fait croire que je n’existe plus donc je ne peux pas me battre contre toute une machine. C’est vrai, donc j’ai replié pour mieux sauter.

J : est-ce à dire que vous ne produisez plus d’album ou vous chanter seulement pour le plaisir Eric Mc?

E : non !!! Ce n’est pas que je produis plus d’album, aujourd’hui je suis à un cinquième album. J’ai produit l’album sauvons le Togo est resté dans les tiroirs. J’ai plus les moyens, j’ai plus les fonds ça c’est vrai. Ehhh !!! quand je dis que aujourd’hui la musique togolaise a des problèmes, nous aujourd’hui, on a les moyens pour faire les prises de sons et tout mais on n’a pas les moyens de duplication et de commercialisation, c’est là où s’arrête la musique togolaise parce que aujourd’hui tout jeune a un ordinateur à la maison, tout jeune produit le son qu’il veut mais la commercialisation, c’est là où il y a le problème. Donc il faut une industrie en tant que telle pour pouvoir prendre ça en main. Donc la musique togolaise, ça ne va pas.

J : pourtant vous avez un ministère de tutelle avec son nouveau patron aujourd’hui Fiatouwo Sessénou qui est e train de faire des prouesses Eric Mc?

E : moi je ne vois pas de prouesse parce que depuis qu’il est arrivé, il a fait juste une réunion, c’est tout dernièrement que j’ai entendu dans un communiqué de gouvernement, soit disant que bientôt sera adopté le statut d’artiste que nous réclamons depuis. Mais si le statut d’artiste est voté c’est pas finit. Il faut un fond d’aide à la culture d’accompagnement pour ce statut afin que la musique elle-même puisse régir tu vois, donc ce ministère je ne sais pas, ils sont toujours fantômes. Moi je ne comprends pas s’il nous faut toujours des avocats, parce que tout notre ministère c’est toujours un maître, un avocat, un avocat qui ne connait rien en culture qu’on met là-bas, c’est des novices, ça va pas. Il faut trouver quelqu’un qui a fait une étude de culture, un ingénieur culturel et le mettre là je pense que ça peut aller, mais avant, il faudrait que la constitution reconnaisse la musique, l’artiste comme un métier et vous allez voir que tout va changer dans le pays.

J : et vous êtes sur de ça ?

E : oui ! Parce que s’il y a le statut d’artiste automatiquement il y a un fond d’aide à la culture. Nous tout dernièrement dans le collectif y-a en-a marre, on a envoyé une plate-forme à notre état lui demandant un conseil national pour la culture, là où pourra être gérés tous ces fonds là, mais vous savez cet état, il est tellement arrogant et orgueilleux il ne veut pas écouter des autres. Il pense que ce  qu’il pense lui est le meilleur, mais quand toi tu emmènes une bonne idée, ils veulent jamais l’exploiter, il les laisse dans les tiroirs, donc ça fait que aujourd’hui jusque-là, nous sommes à manifester, parce que si nous ne manifestons pas, on ne va pas avoir, donc c’est ce qui fait que depuis les manifestations, je pense que c’est ce qui a amené le gouvernement pour calmer les ardeurs, à dire que bientôt sera un statu pour les artistes, mais quand ? On réclame ça depuis 2000, 2002, et tous les jours on dit ça va venir, ça va venir. Tout dernièrement, ils ont dit encore jusqu’à l’année finit, le statut n’est pas encore sorti. Alors qu’est-ce qu’il faut faire ?

J : c’est vrai en début de cette année 2012, une délégation d’artistes a été reçu par le chef de l’état le premier responsable du pays, est ce que vous faisiez partis de cette délégation-là ?

E : non je ne suis pas allé parce que je ne le reconnais pas

J : beh à quoi cela est dû, votre absence ?

E : mon absence beh, parce que je le connais pas.

J : vous avez été invité quand même ?

E : oui j’ai été invité, j’ai reçu le sms ; et puis pour m’inviter aller dire bonjour à un chef de l’état, à notre chef de l’état comme ils le disent ce n’est pas par les sms. Il faut une réunion, il faut savoir pourquoi on y va. Et quand ils sont allés, ils sont revenus avec quoi. Après on a appris qu’ils sont allés dire …..Monsieur le président, c’est vrai vous faites tout pour la culture…. Il a fait quoi pour cette culture là pour qu’on aille lui lancer ces éloges-là. Il n’a rien fait. Au contraire ils sont allés quémander et…..rire…je ne veux pas rire, ils sont allés quémander et à la fin, on les a  baisé, parce qu’il a dit bon, je vous appelle bientôt. Depuis janvier jusqu’aujourd’hui nous sommes en décembre, il n’a jamais pensé à les appeler. Alors je pense que la salutation était…ça n’a pas de sens. Donc, cette année je ne sais pas si eux-mêmes ils vont vouloir aller encore. Parce que je pense que c’est une institution chaque année il faut aller suivre le rituel. C’est un rituel mais au fond, il y a rien de concret, il y a rien de positif dedans. C’est juste pour qu’on lui fasse croire qu’il est aimé dans tous les secteurs, mais dans le coté musical, je pense qu’il n’est pas encore aimé, parce que les artistes n’ont encore rien sous la dent.

J : et donc vous ne croyez pas aux paroles du chef de l’état alors ?

E : non, je ne crois pas, il a menti tout dernièrement le 27 avril dans son message à la nation où il disait « togolaise togolais, la société que nous devons bâtir doit être une société d’égalité de blablablaaa, il faut le partage, l’inclusion de tout un chacun » mais à la fin lui-même il a dit que « c’est un petit groupe de personne qui s’accapare les richesses du pays au détriment du plus grand nombre » c’est comme ça aussi dans la culture. Aujourd’hui ceux qui mangent musicalement, c’est ceux qui vont chanter pour le parti Unir tous les samedis, c’est ce qu’on voit. Il y a plus de concerts au Togo, il y a pas de maisons de promotion, il y a pas d’opérateurs culturels, donc rien ne peut aller, tu comprends, et il faut aller chanter pour le prince pour pouvoir manger, beh moi je ne peux pas, parce que il y a un peuple qui m’a fait, si aujourd’hui Eric Mc est Eric Mc, c’est grace au peuple, alors le peuple pleure aujourd’hui, il faut que je pleure avec le  peuple. Je ne peux pas aller, comme d’autres qui chante la misère mais en dessous, qui se cachent pour aller manger, on les voit, on les connait, ils disent « aya mi du vo mi ma ku tsié mé wo » mais à la fin underground, ils passent dans des tunnels, je ne sais pas quels  tunnels pour aller manger dans la maison, dans la grande maison, mais après quand ils sortent ils chantent au nom du peuple, ouèè le peuple souffre, on souffre avec le peuple, mais eux ils ne souffrent pas. Donc on n’a qu’à arrêter de berner ce peuple. Il faut faire le travail qu’il faut pour que ce peuple sorte de cette misère.

J : tu ne penses pas que peut être vous les artistes, vous n’êtes pas organisés, c’est ça qui crée cette défaillance Eric Mc?

E : non. Ce n’est pas une question d’organisation, ce que je vais te dire ici c’est que aujourd’hui, je t’ai dit que nous arrivons jusqu’à un niveau par nos propres forces. C’est-à-dire tu es à la maison personne ne te connait, tu commences à vouloir être artiste, tu travailles, travailles underground jusqu’à un jour, tu vas prêter de l’argent, tu enregistres un single, tu essaie de passer sur les radios et automatiquement  le peuple aime et  le peuple d’adule. Et quand le peuple d’adule, après qu’est ce qui se passe, rien. Alors que quand le peuple d’adule, s’il y avait une maison de production, une industrie, automatiquement quand tu sors du studio, il y a une structure qui récupère le CD qui fait la duplication, il y a l’autre structure qui lance l’album et il y a l’autre structure qui organise un concert et là, tu vas voir que l’artiste va bien vivre, mais là, il y a rien, c’est nous qui faisons tout et à la fin, on est piraté en plus, piraté, je te dis, piraté et puis validé par le Butodra qui doit nous protéger mais c’est eux qui valident meme la piraterie au Togo. Je peux te le dire, je peux te le prouver  parce que quand tu vas chez ces gens qui vendent les CD dans la rue, ils n’ont pas de licence de vente d’aucun cd mais c’est ceux-là qui pullulent des cd et le butodra va valider en leur vendant des vignettes, des phonogrammes pour reconnaitre ça, mais où va cet argent ?ça va dans leur ventre. Les artistes reçoivent, moi je ne vois pas quel artiste, c’est tout dernièrement j’ai appris que au droit d’auteur, il y a un groupe d’artiste qui a eu pour la première fois, 1million de droit d’auteur, mais moi j’aimerais savoir, eh…le jour je vais demander un audit pour savoir comment se fait le partage des droits d’auteur. Parce que tout est faux, dans tous les secteurs c’est faux. Regarde meme les secteurs du football, éperviers qu’on croyait…..

J : et pourtant le butodra organise toujours des séances d’information pour informer les artistes par rapport à la répartition des droits d’auteurs, vous n’y étiez pas ?

E : si !! on y va mais je dis, il nous faut faire un audit pour savoir comment cela se fait. Parce que écoute, les cd piratés qui sont dans le marché aujourd’hui, tu vas les retrouver validés par le butodra mais quand tu demandes à ce revendeur de cd est ce qu’il a la licence de Michael Jackson, il ne l’a pas, mais pourtant il a un million de cd de Mickael Jackson, mais le butodra au lieu de saisir ces cd-là, qu’est-ce qu’il fait, il valide, il remplit sa caisse en reconnaissant ces cd piratés  par des vignettes, et où va cet argent. A la fin, on nous dit que c’est les radios, c’est les boites qui ne veulent pas payer les redevances, les droits d’auteurs des artistes. Je pense que meme ici vous verser ne serait-ce que le minimum de droit d’auteur, mais je sais que cet argent ne va pas dans la poche des artistes. Normalement si on arrête de vendre ces cd piratés dans le pays, les cd seront normaux et les artistes pourront vendre leurs cd, mais qui sont ces artistes qui pourront vendre. On est un millier d’artistes, mais il y a une dizaine seulement qui a des cd originaux sur le marché. Tout le monde vit qu’avec des singles mais pourtant on les classe comme artiste. Si demain il faut régir le métier de musique avec un statut d’artiste, comment est-ce que ils vont reconnaitre celui-ci c’est vrai, celui-là  c’est un faux. C’est ça qu’il faut. Maintenant il faut un  statut pour que, s’il y a ce statut, automatiquement dans le budget de fin d’année que l’état vote, il y a un budget ne serait-ce que un pourcent du budget annuel de l’état qui vienne à la culture. Regarde le bénin à coté, depuis que yayi boni a commencé à investir le milliard dans la culture, depuis combien de temps tu as pu recevoir de béninois ici en promotion, je paris que ça fait trois ou cinq ans. Alors que avant, en 2002, 2003, chaque béninois qui sort un cd, un single meme doit venir au Togo pour faire la promotion avant que ça ne prenne chez lui, mais depuis qu’il y a le milliard dans la culture au Bénin, aucun, les béninois ne nous appellent plus pour les concerts, mais ceux-là, avant, chaque année, ils sont toujours là, à faire des concerts ici, et chaque année, il y a combien d’artiste togolais qui allait chanter au Bénin mais maintenant cherche à savoir combien d’artiste togolais vont au bénin, c’est faux, aucun. Peut-être lors de leur sika, meme quand ils font le sika, cette année le Togo n’est plus trop visible sur la scène. Parce que ils s’en foutent maintenant, parce que aujourd’hui  eux ils ont ce qu’ils veulent et en plus ils se battent pour que le milliard augmente. Nous on se bat meme pas encore, on est là, on va chanter pour le prince à prendre mille franc deux mille, et il y a tous ces arnaqueurs autour et on croit que la musique évolue, ça n’évolue pas, on est en train de se tuer, on est en train de tuer la culture au Togo. Si non retourne à l’état animation populaire que le feu président Gnassingbé Eyadema avait instauré je pense que c’est mieux, parce que aujourd’hui on est dans l’état animation mais sous une autre forme, modernisé, il faut chanter « oui ça va au Togo, oui tout le monde mange bien, il y a la joie ici » avant de pouvoir se faire connaitre comme artiste. Mais quand tu dis, ça ne va pas, y-en –a marre, on te taxe d’opposant et je ne sais pas comment ils ont trouvé la force pour mettre sur toutes les radios, sur tous les médias les chansons engagées n’arrivent pas à passer, c’est les chansons d’amour qui dominent aujourd’hui. Et vous vous voyez les chansons d’amour dominent vous voyez nos rues aujourd’hui, il y a les jeunes filles de quinze ans qui savent meme pas c’est quoi l’amour, qui pensent que c’est dans la rue qu’il faut trouver l’amour parce que les chanteurs disent que c’est dans la rue qu’il y a l’amour. Regarde nos villes aujourd’hui, tu étais en ville hier soir, toutes ces petites filles de douze ans, treize ans qui sont dans la rue en train de draguer les hommes et vous voulez que la musique d’amour avance le pays ? on ne fait que aller dans la débauche et c’est ce que l’état veut. Il veut assujettir le peuple, abrutir  le peuple. Mais quand tu chantes engagé, on dit ce gars-là, il veut ouvrir la conscience, c’est là où Eric Mc est censuré, c’est là où Eric Mc on ne veut plus de lui, on ne veut plus que Eric Mc ait contact avec le public parce qu’il émancipe, il éveille les consciences. Le hip hop aujourd’hui, moi j’ai contesté le hip depuis 2003, aujourd’hui ils ont suivi ma voie en disant que ouèh..il y a plus Togo hip hop awards mais il s’est changé en all music awards mais quelles sont les chansons qui sont nominées, c’est toujours les meme chansons qui abrutissent le peuple. Il y a plein de chansons engagées, aucune n’est nominée, pourquoi ?c’est pour faire croire que ça va bien au Togo, culturellement ça  ne va pas et il faut que les artistes  se lèvent pour dénoncer ce système-là.

J : en tout et pour tout, s’il faut indexer un doigt accusateur, à qui le feriez-vous Eric Mc?

E : moi j’indexe l’état. L’état automatiquement parce que c’est le premier, c’est le garant de la constitution, c’est le garant des institutions et c’est le garant du peuple. Et quand tu prêtes serment d’être président de tous les togolais, c’est tous les togolais du chômeur au travailleur, tu comprends. Donc il faut trouver une situation à tout un chacun. Si non investi aujourd’hui, aujourd’hui il y a des budgets qui sont alloués pour l’agriculture, pour les études, pourquoi pas pour la musique. Alors que aujourd’hui quand tous ces partis-là ont besoin d’aller se faire connaitre, c’est les artistes qu’ils utilisent mais ils ne reconnaissent pas ça comme un métier. Moi je pense que c’est de l’exploitation, c’est de l’abrutissement. Il faudrait que les gens se lèvent mais ils ne veulent pas comprendre. Les artistes ont faim, c’est vrai les sont arrivés à ce niveau-là par leur propre force et ils ont peur de le détruire en une fraction de seconde, il suffit que tu dises que ça ne va pas, quand on te censure c’est fini. Mais nous, on a le courage de le dire et ce n’est pas eux qui vont nous faire notre musique. Notre musique le peuple est déjà derrière nous. S’il y a certaines radios qui peuvent déjà jouer nos chansons pour émanciper le peuple, automatiquement ça va, mais demain, la relève de demain doit comprendre qu’il faut émanciper son peuple. Il ne faut pas rester dans l’abrutissement et cet état qui est là, ces gens qui dirigent ce pays veulent que les jeunes restent abrutis et ça, moi Eric Mc je ne peux pas. Il faut que je partage ma connaissance avec tout le monde. C’est pourquoi je resterai engagé, peut être meme un rebelle ; c’est vrai ils disent qu’on est rebelle, on est des rebelles mais pas avec des armes, mais armés de rythmes, de lyrics et de paroles, c’est ça notre arme, on a des bombes musicales qui sont des paroles. Beh, ils vont bientôt l’avoir.

J : alors Eric Mc, qu’est-ce que vous proposez concrètement pour cette sortie de crise ?

E : oui, pour cette sortie de crise, nous on avait déjà proposé au collectif y-en-a marre. On a dit à l’état qu’il nous faut un haut conseil national pour la culture qui va s’occuper de tout. Par exemple chaque année dans ce hait conseil, on doit voter des fonds qui doivent venir dans ce haut conseil et ceci sera dispatché dans tous les secteurs, restructurations des patrimoines culturels. Il faut aller voir les chefs de village, il faut financer ça pour que la culture dans sa racine reste. Il faut voir les rois, il faut investir dans tout ça. Ensuite il faut voir dans toutes les régions, qu’est ce qui faut faire. Il faut meme que tous les opérateurs économiques aient une carte d’opérateur économique, là tout cet argent ira au butodra. Aujourd’hui tout le monde se lève parce qu’il est le fils du colonel ou le fils du lieutenant, il se lève il organise un concert parce qu’il peut avoir le palais des congrès gratuitement. Regarde dernièrement le sariac qui nous dit qu’ils ont envoyé une lettre au chef de l’état ou au ministre de la culture de revoir le prix à la baisse pour le palais des congrès. Le palais des congrès, c’est pas un palais de la culture. Tu programmes un concert aujourd’hui et samedi « gbadaa » on te dit qu’il y a un conseil des députés aujourd’hui mais ton concert il est à l’eau, quelle que soit la publicité que tu as faite, mais il est à l’eau, parce que priorité c’est pour eux. Alors que regarde la place Bonké, on peut construire un palais là-bas. Ils ne veulent pas, parce que la culture dénonce, tu comprends, et s’ils ont la culture en leur faveur, je pense que c’est là qu’ils vont investir. Tout ce qui est en leur faveur ils investissent. Le ministère du développement à la base, c’est en leur faveur ils vont faire la publicité de unir, tu vois qu’ils investissent tous les jours là-bas, le ministère des affaires sociales, au lieu d’investir pour le social de tout un chacun, ils investissent pour tous les partisans de unir, mais tout ça, c’est agences publicitaires, ce n’est pas des institutions, donc c’est ce qu’ils veulent en faire de la culture. S’ils ont les quatre-vingt-dix pour cent qui sont en faveur de ce président en place là, je pense qu’ils vont investir dans la culture. Regarde au campus par exemple, les étudiants se sont levés mais ils ont la minorité, ils ont  investi là-bas et c’est fini, ils ont laissé la grande majorité, c’est ce qui se passe aujourd’hui. Donc nous aujourd’hui au collectif y-en-a marre on a crié, on nous a encore verrouillés plus. Mais chaque semaine il y a le parti unir qui organise les concerts à l’intérieur partout au nom de unir avec leurs artistes. C’est vrai moi je me plain pas mai et l’avenir de ceux-là qui les suivent ?

J : mais finalement qui est que vous appelez artiste unir ?

E : mais ceux qui vont chanter, ceux qui sont sur les scènes aujourd’hui.

J : et si unir vous appelle pour un spectacle ?

E : tu penses que unir va m’appeler pour un spectacle où j’aille chanter « édoua bé ga dé… odzo so yo to woa » tu penses ca, non ! unir peut pas m’appeler parce que si je vais-je vais dire « mié fé sodja..police, par commando, militaire…. soit pas une armée fanatique et clanique….» c’est ce que moi j’irai chanter. Je ne vais pas aller chanter « tougbédjé mélon wo laa ….»Non, l’amour réside depuis notre enfance, notre papa nous donne l’amour. Le jour où tu seras prêt à te marier tu vas vivre le vrai amour, mais aujourd’hui tout ce qu’on vit soit en disant amour ce n’est que la débauche et voilà pourquoi le pays va de mal en pire. Il y a beaucoup de maux pour ce pays mais il n’y a pas de solutions.

J : alors je me rappelle toute vous avez dit, la musique togolaise, elle traine encore sur des béquilles mais si on fait une comparaison de cela il y a dix ans, on a vu quand meme qu’il y a eu une avancée Eric Mc.

E : oui, il y a eu une avancée c’est vrai, nous avons révolutionné, le hip hop a révolutionné le mouvement, aujourd’hui c’est le hip hop qui a amené la population aux concerts. C’est le hip hop qui a fait comprendre aux jeunes qu’il y a quelque chose qui s’appelle la culture, le hip hop a émancipé les jeunes mais aujourd’hui ils ont essayé de canaliser ça puis ils l’ont amené en leur faveur, alors que le hip il est conscientisateur, il est dénonciateur, il n’est pas amour ; il peut être égo tripe. Les américains sont devenus égo tripe parce que après le combat contre le racisme l’apartheid tout ca, il y avait plus rien à dire donc il fallait chanter je suis le plus beau le plus fort parce que tout le monde mange à sa faim, tout le monde a sa sécurité sociale. Ici on a rien mais on dit lonlon lonlon et chaque jour il y a des grossesses non désirées, il y a des avortements provoqués, tu vois il y a tout ça, mais ceux-là, ils sont là. Regarde par exemple, je ne veux pas rentrer dans les fonds, lorsqu’on fait les fêtes à l’intérieur où les institutions se déplacent qu’est ce qui se passent dans les hôtels, ils vont couchez avec trois, quatre filles dans une chambre.

J : vous avez des preuves ?

E : oui, on a des filles et c’est des filles de dix-huit ans…regarde par exemple, en période..quand tu vas à Kara, il y a plus d’hôtels, et ces hôtels sont remplis par des jeunes filles.

J : mais il faut dire que lors de ces événements c’est quand même des moments de retrouvailles, du tourisme qui sont organisés pour valoriser l’image du Togo.

E : des jeunes filles de quinze, seize ans qui sont meme pas encore employés, qui sont encore à l’étape élève qui vont louer des chambres d’hôtel. Ce n’est pas des filles qui ont du social, vous voulez éradiquez la corruption, le bien-être social mais donnez l’assistance sociale à tous les togolais. Et si on donne l’assistance sociale  à tous les togolais si demain vous dites qu’il n’ y ait pas de zémidjan, il y aura pas de zémidjan parce que tout le monde est amendable, si vous dites que personne ne jette plus un brin de papier dans la rue, personne ne le fera parce qu’il a son assistance sociale et tout le monde devient le policier de tout le monde, il y aura plus de policier au bord de la route..tu vois, il y aura plus de taméa, il y aura plus de taméa meme dans les bureaux parce que le fonctionnaire qui sait que chaque jour il y aura quelqu’un qui va venir lui demander cent francs demain il sait qu’il a son action sociale, automatiquement il vit bien. Ce sera quant à la retrouvaille tout le monde met la main à la poche..bon moi je paie le deuxième tour, toi tu dis non, moi je commande ça, mais on est toujours à l’état de quémander  et c’est ce qu’ils veulent. On t’affame jusqu’à un certain niveau et tu n’arrives plus à crier et on te dit viens prendre un t-shirt et mille francs et tu votes pour moi. On a amené le peuple jusqu’à ce niveau-là. Mais le peuple aussi doit comprendre, doit se réveiller aujourd’hui. La musique a essayé, c’est le hip hop, on l’a étouffé, aujourd’hui ils ont mis le cool catché devant. Le cool catché c’est quoi, le cool catché si tu écoutes mes premières chansons « atavi woé na » c’est du techno hip hop qu’il ont pris comme….ils mis ont du décalé coupé c’est ce qui est devenu ogbragada gbidigba gbann..je sais pas, eh beh, cette musique-là, elle conscientise quoi, moi je refuse pas, les ivoiriens ont fait leur coupé décalé mais avant d’arriver au coupé décalé ils avaient le zouglou qui dénonçait. Le zouglou a essayé d’unifier la côte d’ivoire de deux mille à deux mille dix. Il a essayé quand même. Il a réussi, mais pourquoi aujourd’hui le ogbragada ne peut pas conscientiser, il faut que le ogbragada aille dire que « ça va..on s’amuse ici, il y a la vie ici, nous on s’amuse on mange on boit..on s’en fou, fais ton machin comme un petit requin, on, s’en fou de quelqu’un.. » ouèè c’est vrai s’ils mangent l’argent du peuple, ils disent on s’en fou de quelqu’un mais ceux qui mangent pas l’argent du peuple, ceux qui veulent que le peuple aille bien, ceux-là ils vont pas chanter ça. Ils vont dire édoua bé ga dé odjo so wo to woa…debout patriote togolais et viens à l’unissons c’est ce que nous on chante pour que le peuple se réveille. Non il ne faut pas abrutir le peuple, on en a marre. Deux mandats ça suffit heinn.. !!

Pause musicale

J : Eric Mc, quelque chose à ajouter avant la fin de cette émission ?

E : ministre de la culture, directeur de la culture, butodra, sariac, unam vous ne voulez toujours pas comprendre que il faut un statut, il faut que la constitution reconnaisse la musique comme un métier ensuite, il faut un fond d’aide à la culture chaque année dans le budget, ne serait-ce que un pourcent du budget annuel de l’état vous verrez ce qui va changer. Aujourd’hui par exemple s’il n’y avait pas eu la musique révolutionnaire en deux mille, tu sais combien de chômeurs il y aura, il y aura plus de marches qu’aujourd’hui. Aujourd’hui qu’ils le veulent ou non, la jeune emploi un million à deux million de jeunes, je peux te définir ça ; les chanteurs ils sont entourés de danseurs, ils ont en manager, ils ont un studio, un ingénieur de son, il y a les musiciens qui les accompagnent et ensuite, il y a le promoteur culturel, il y a les revendeuses, il y a celui qui a une salle de culture, tu vois un peu, il y a le monteur de vidéo, tu vois, s’il y avait pas cette musique-là, tu penses ceux-là, ils vont avoir espoir en quoi, alors l’état n’a qu’à comprendre qu’il y a deux million de personnes.. bon! on dit la fonction publique est huit cent à neuf cent mille personnes je crois, le secteur informel, la rue le marché, il y a une partie, bon ! Les jeunes qui sont encore à l’école, c’est cinquante pourcent, mais il y a un trente pourcent de jeunes qui ont espoir en cette musique là et ceux-là se battent aujourd’hui. C’est vrai qu’ils vivotent, on vivote volontairement victime de notre droit de vote je ne refuse pas. Mais ceux-là, si on investit tu penses que beaucoup de choses ne vont pas changer. Beaucoup de choses vont changer. Le zémidjan man même il va gagner, la vendeuse d’eau va trouver, la  vendeuse de pain va en trouver parce que chaque semaine il y aura un concert, même un concert en ville c’est peu, parce qu’il y aura différents concerts. Regarde par exemple les fetes de fin d’année qui sont proches, il y a aucun concert programmé, il y a rien, rien..nada, niete, tu comprends ; et on va me dire que la musique marche, non, il faut beaucoup de choses. Moi je demande à l’état le fond d’aide à la culture, il est vraiment important d’avoir le statut d’artiste pour avoir un fond d’aide à la culture afin que..même le promoteur culturel peur avoir sa subvention, s’il y a le fond d’aide à la culture je paris que dans ce fond d’aide ton émission sera subventionnée par ce fond d’aide à la culture, toutes les émission culturelles seront subventionnées, les radios seront subventionnée. Et aujourd’hui on pourra dire que toutes les radios doivent jouer soixante pourcent de la musique togolaise ou même quatre-vingt-dix pour cent parce qu’on va investir dans tous ces trucs là et les restes vont aller sur les droits d’auteur. Tu t’en rends compte que bientôt le vingt-trois le vingt-quatre les artistes vont aller prendre encore dix mille francs, quinze mille francs leur droit d’auteur qui est très minable qui ne peut même pas acheter un sac de riz pour les fêtes, et si ceux-là ils ont des enfants hum, ça fait pleurer quoi, tu vois un peu. Il même pas de concerts, il y a pas de salle de concert. Ca on ne dit pas, ça peut venir. Eyadema avait essayé de mettre les affaires sociales, mais on peut rénover tous ces trucs-là, le centre culturel français n’existe pas…

J : vous pensez qu’il y a un manque de volonté ?

E : il y a un très manque de volonté parce que si ceux-là ils veulent..ceux-là, leur problème c’est quoi, c’est rester au pouvoir et fou de tout quoi..garder le pouvoir et tout ce que vous voulez, vous venez vous agenouillez, vous demandez pardon, alors que c’est faux, c’est notre droit. Les députés n’ont pas travaillé durant ces cinq ans, ils se sont battus pour leur leadership, pour leur ventre..nous on doit avoir ça, ils ont oublié le peuple. Moi je dis, si je suis élu par exemple, si je suis un élu du peuple, la première chose c’est le code fiscal que je vais réclamer, le code fiscal d’où va sortir l’assistance sociale, la sécurité sociale, l’allocation familiale..et à partir de ça vous allez voir le jeune chômeur qui a son assistance sociale va venir au concert, il va pas venir s’arrêter et tout va changer si vous dites qu’il y aura pas le zémidjan il y aura pas, parce que tout le monde sera amendable..

J : Eric Mc, peut etre une ambition politique ?

E : non, ce n’est pas une ambition politique, c’est peut etre un buzz tu comprends, euhh beh rien ne m’empêche d’être. Mais si je me mets dans la politique tu vas voir que je pourrai plus contester, je pourrai plus revendiquer, donc je préfère rester dans mon truc mais c’est un appel. En disant ça, c’est pour faire mouvoir aussi le cœur de ces personnes qui veulent aller au député pour dire ah, ça c’est une idée, parce que l’opposition, le parti au pouvoir, personne ne prône le bien du peuple. Tout le monde pense à leur ventre alors que le peuple souffre, et le peuple c’est quoi, le minimum, le bien-être social. Ils sont dit ministère développement à la base, ministère des affaires sociales, c’est vrai mais donnez le minimum au peuple et vous pouvez rester au pouvoir tant que vous voulez. Le peuple veut manger trois repas par jour en s’en fou. Aujourd’hui on rentre dans la rue on nous traite d’opposant, moi je ne cherche pas le pouvoir, je ne cherche pas à m’asseoir en tant que président, moi je veux le bien être de tout un chacun. On est comme des rebelles, des bois tu comprends, on est là pour prendre celui du riche donner au pauvre. Aujourd’hui je suis pauvre à cause de mes frères qui sont pauvres, donc état togolais réfléchit bien parce que c’est vrai que les jeunes, les plus jeunes, les moins de quinze à dix-huit ans qui sont en train de prendre la tête de la musique c’est vrai, ils ont besoin de se faire un nom donc ils doivent éviter les textes durs donc ils sont obligés de rester..donc nous qui avons déjà le nom, nous on peut pas éviter ces textes-là, on va attaquer, mais ils n’ont qu’à bien comprendre que si ils continuent dans cette lignée, demain ça va jouer  en leur défaveur. Il faut qu’ils commencent dès aujourd’hui parce que tout le secteur est en ébullition, il faudrait qu’ils se lèvent  revenir dans y-en-a marre soutenir le mouvement y-en-a marre pour défendre leur droit. Sariac, à vous je dis vous et l’unam essayer de vous entendre pour faire un corps, ministère toi cherche à prendre un fond d’aide à la culture et à l’investir. Butodra essaie de faire bien, essaie de voir les pirates pour que nous tous on peut bien manger.

J : Eric Mc, le Togo s’apprête à de nouvelles élections peut être un message à l’endroit de ces politiciens-là ?

E : ouèè à tous ces politiciens qu’est-ce que je peux dire, à l’opposition, je demande un dialogue inter opposition par l’opposition avec l’opposition pour l’opposition entre l’opposition, ça c’est le vrai dialogue franc et sincère.

J : un bon rythme

E : non, ce n’est pas des rythmes, c’est ce qu’on pense. Tu vas croire que je l’ai écrit, je l’ai pas écrit mais tu vois, on veut des trucs comme ça, c’est là on va comprendre. Et le parti au pouvoir, je leur dis de savoir que dans tous les pays démocratiques c’est deux mandats. Si aujourd’hui, ils ne veulent pas assainir le milieu, c’est qu’ils ont encore des ambitions à conserver le pouvoir. Moi je dis, si tu veux conserver le pouvoir, que le peuple on dit révolution soulèvement ça vient de la rue, renversement couronnement ça vient de la rue, qui contrôle la rue détient la force et le pouvoir. Si lui, il veut contrôler le pays, qu’il donne à manger à la rue, la rue va se taire et entre ces opposant eux ils vont se battre pour le siège parce que la rue ne cherche pas le siège tu comprends, alors à bon entendeur, demi-mot. Moi je demande maintenant au peuple, réclamer ton assistance sociale, c’est ton droit d’être togolais, parce que il y a une chose que vous ne comprenez pas, le droit on nous dit, vous passez les spots ici qui disent le  citoyen a son devoir civique, et le droit d’être citoyen, vous l’oubliez, pourquoi vous passez pas  le spot pour dire le citoyen a le droit de réclamer son droit d’être citoyen pour accomplir son devoir civique. Moi demain, je dis, avant que je ne sois recensé, si je n’ai pas mon code fiscal, je ne recense pas, je ne donne pas  ma voix pour ne pas qu’on aille faire des ballets diplomatiques en mon nom pour percevoir de l’argent pour venir mettre dans sa poche et me faire souffrir. A tous les togolais, avant de faire le prochain recensement, il faut vous assurer que l’état est prêt à vous donner votre assistance sociale, c’est-à-dire un code fiscal pour t’identifier afin d’avoir droit à ton assistance sociale, à ta sécurité sociale sanitaire, à ton droit à l’école, à ton droit au travail ou ton droit d’être au chômage, sans ça pas de recensement et s’il y a pas de recensement il y a pas de vote et s’il y a pas d’élection il y a pas d’élection il y a pas d’assemblée et s’il y a pas d’assemblée, il y a pas de gouvernement, il y a pas de gouvernement il y a pas de nation il y a pas de république, alors on est dans la cour du roi Petto où chacun va faire ce qu’il veut et ceux-là, ils pourront plus aller faire des ballets diplomatiques à l’extérieur pour dire ouèè notre pays est tel million d’habitants donc prêtez nous ça, donnez-nous ça, ils vont revenir et nous tous on va vivre comme ça, on va vivre comme des étrangers. Aujourd’hui qu’on ait voté ou qu’on ait pas voté, on souffre, on ait comme l’étranger, donc mieux rester comme l’étranger et eux ils vont pas aller prêter de l’argent à notre nom parce que après les élections, ils vont dire bon, on est sept millions de togolais, ils vont voir les européens ouèè voilà notre peuple es comme ça, donnez-nous ça, ils auront des appuis matériel, financiers plein d’appuis et après ils vont venir nous oppresser avec ça, ils vont acheter les gaz lacrymogènes pour lancer. Moi je pense le vote c’est bien, les élections c’est bien pour l’avancement d’un pays mais on ne va pas aller voter n’importe comment, le ventre affamé. Cette année on a compris que le droit d’être citoyen pour accomplir son devoir civique doit être rémunéré, c’est-à-dire tout électeur, toute personne qui peut voter qui a l’âge de voter, il a travail, il n’a pas travail ; s’il a un travail c’est bon, s’il n’a pas un travail il doit percevoir son assistance sociale parce qu’il y a le ministère des affaires sociales depuis longtemps, Eyadema l’a fait, cet argent là qu’est qu’ils faisaient avec, animation. Regarde avant en soixante-quatorze dans tous les quartiers il y avait des cellules, cellule un, cellule deux qui chaque fin du moi allait percevoir de l’argent, après en quatre-vingt-dix, qu’est qu’ils ont fait, quand la démocratie est arrivée, tous les samedis aujourd’hui par exemple tu vas voir les gens marcher dans la rue aller chez Eyadema, marche de soutien, c’était une forme encore d’assistance sociale, aujourd’hui Faure le fait avec son ministère du développement à la base, ils sont en train de recruter les gens pour leur dire bon, si vous voter pour nous on vous trouve du travail, on vous trouve de l’assistance sociale mais pourquoi ne pas le faire démocratiquement pour tout le monde, c’est là où le bât blesse.

J : juste un mot de fin Eric ?

E : c’est vrai que Métropolys accepte d’avoir Eric Mc mais tous les autres médias aujourd’hui ont peur d’Eric Mc, j’ai demandé des débats, pourquoi on ne veut..on pense que nous les artistes nous sommes illettrés on ne veut pas qu’on fasse des débats politiques, la nation nous concerne aussi, on a chanté, on a chanté des trucs sociaux tout ça, aujourd’hui on voit que la politique est en train de miner tout le secteur, même le football est politisé aujourd’hui. Alors donnez-nous aussi la parole mais ils ne veulent pas, parce qu’on nous traite de rebelle. Moi ce que je dis, l’état a besoin de nous écouter afin de bien planifier dans ce pays et assainir tous les milieux mais au cas contraire il y aura toujours gbangban dans la rue.

J : Eric Mc merci beaucoup

E : yo peace and love for unity

Une Réponse to “Eric Mc dans l’émission culturelle sur Radio Métropolys Lome”

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